Un bilan de compétences, et après?


Quand Ana est arrivée en France, à 22 ans, elle n’imaginait pas forcément devenir entrepreneure.

Et pourtant, quelques années plus tard, elle avait développé sa propre activité de montage vidéo, travaillé avec plusieurs clients et constitué une petite équipe. Une expérience dont elle reste aujourd’hui très fière.

Mais derrière cette réussite, quelque chose ne fonctionnait plus.

Il y a deux ans, lorsqu’elle commence son bilan de compétences, Ana envisage un véritable changement de cap : quitter l’entrepreneuriat pour devenir salariée.

Deux ans plus tard, nous avons repris ensemble le fil de son parcours.


Ana vit alors en France depuis peu lorsque le Covid interrompt sa première expérience salariée. Elle reprend ses études et entame un master, tout en conservant un client pour lequel elle réalise du montage de vidéos de formation.

Un client en amène un autre et, progressivement, son activité se développe. Au point de réaliser son stage de master… au sein de sa propre entreprise.

En quelques années, Ana développe son portefeuille clients, accueille des alternants et apprend à gérer toutes les facettes d’une entreprise.

Une expérience dont elle reste très fière. Mais cette réussite a aussi son revers.


Ana accepte beaucoup de projets. Avec des alternants à faire travailler, elle ressent la responsabilité de continuer à trouver des clients et des missions.

Elle travaille beaucoup, y compris les week-ends et pendant ses vacances. Très exigeante sur la qualité du travail fourni à ses clients, elle l’est également avec son équipe et déléguer n’est pas toujours simple.

Peu à peu, la pression prend le dessus. L’activité fonctionne, mais elle ne lui correspond plus vraiment.

Dans le même temps, Ana observe le parcours de ses amis arrivés en France à peu près au même moment. Beaucoup ont évolué dans le salariat et occupent désormais des postes bien installés. À leur contact, elle commence à se projeter dans une autre manière d’envisager sa propre vie professionnelle.


C’est dans ce contexte qu’Ana entame son bilan de compétences.

Après plusieurs années à construire son activité et une identité professionnelle fortement liée à l’entrepreneuriat, passer au salariat représente un vrai changement de repères.

Son parcours est atypique. Comment le traduire dans les codes du salariat ? À quels postes peut-elle prétendre ? Comment présenter son expérience et les compétences développées au fil des années ?

Au cours du bilan, nous revenons sur son parcours, ses compétences, ce qu’elle aime faire, mais aussi ses besoins et les environnements professionnels dans lesquels elle pourrait s’épanouir.

Une piste se précise : celle de cheffe de projet digital.

Simplement, jusque-là, elle ne mettait pas forcément les mêmes mots dessus.


Gestion de projets, relation clients, coordination, digital, vidéo, organisation, autonomie… L’expérience entrepreneuriale d’Ana prend une autre dimension lorsqu’elle la regarde sous l’angle des compétences qu’elle peut transférer vers une entreprise.

Elle retravaille son positionnement et actualise notamment son profil LinkedIn.

Les premiers retours arrivent rapidement : trois entreprises la contactent.

Avec l’une d’elles, un processus de recrutement s’engage alors qu’elle est encore en bilan de compétences. Quelques mois plus tard, Ana rejoint l’entreprise comme cheffe de projet digital.

Ce changement qu’elle hésitait encore à envisager devient concret.


Les débuts demandent un temps d’adaptation.

Habituée à travailler seule, Ana se met beaucoup de pression pour prouver qu’elle est à la hauteur et trouver sa place dans ce nouvel environnement.

Elle découvre aussi ce qu’elle apprécie dans le salariat : ne plus avoir à chercher constamment de nouveaux clients, ne plus porter toutes les problématiques liées à la gestion d’une entreprise et pouvoir se concentrer pleinement sur son métier.

Surtout, elle avait pris le temps de réfléchir non seulement au poste qu’elle recherchait, mais aussi aux conditions dans lesquelles elle souhaitait l’exercer.

Flexibilité, télétravail, environnement jeune et dynamique, ouverture internationale… L’entreprise qu’elle rejoint répond à ces critères et lui permet notamment de conserver un lien fort avec le Mexique et sa famille.

Ana découvre ainsi un modèle professionnel qui lui convient, tout en restant attentive à ce qui la caractérise : son besoin d’apprendre, de progresser et de se challenger.


Depuis, le parcours d’Ana a connu un nouveau rebondissement. Alors qu’elle envisage un retour au Mexique pour une opportunité professionnelle, elle quitte son poste. Le projet ne se concrétise finalement pas et elle reprend contact avec son ancienne entreprise.

Les recrutements salariés étant alors clôturés, celle-ci lui propose de poursuivre leur collaboration en freelance. Ana retrouve donc aujourd’hui un statut d’indépendante, tout en continuant à exercer comme cheffe de projet digital.

Ce retour au freelance ne change pas pour autant son regard sur le salariat : Ana garde une expérience très positive de cette période et se verrait tout à fait redevenir salariée.

Son questionnement porte aujourd’hui davantage sur la suite de son parcours : continuer à évoluer, se challenger et, peut-être demain, mettre ses compétences au service d’un environnement davantage porteur de sens.


Avec deux ans de recul, Ana mesure le rôle qu’a joué le bilan de compétences dans cette transition. Plus qu’un exercice ou un déclic en particulier, elle retient surtout le cheminement construit au fil des séances.

Les questions posées et le regard extérieur l’ont amenée à explorer certaines réflexions différemment, parfois même à formuler des choses qu’elle n’avait jamais exprimées auprès de ses proches.

Et le travail se poursuivait bien au-delà des séances : certaines de nos discussions lui revenaient lorsqu’elle faisait du sport et continuaient à faire leur chemin.

Progressivement, Ana a porté un autre regard sur son parcours et ses compétences. Et surtout, elle s’est autorisée à passer à l’action.

S’il fallait retenir un fil conducteur de cette expérience, ce serait sans doute celui-ci : OSER


Deux ans plus tard, Ana exerce toujours le métier de cheffe de projet digital qu’elle avait alors identifié et réfléchit déjà à la manière dont elle souhaite continuer à évoluer.

Elle a trouvé sa place dans ce nouveau métier, pris confiance dans ses compétences et construit progressivement un parcours professionnel qui lui ressemble.

Aujourd’hui, une nouvelle étape commence à se dessiner, dans la continuité du chemin parcouru.


Découvrez comment le bilan de compétences peut vous aider à prendre du recul, explorer les possibilités et construire la suite.