Après une première reconversion, apprendre à choisir autrement

Visuel de la série « Un bilan de compétences, et après ? » consacré à une reconversion professionnelle après un premier changement de métier.

Après un burn-out dans le marketing sportif, Manon avait choisi de se reconvertir dans l’univers équestre, un domaine qui la passionnait. Une première reconversion menée sans accompagnement, qui ne lui avait pourtant pas apporté ce qu’elle espérait.

Lorsqu’elle entreprend son bilan de compétences il y a trois ans, elle a déjà exploré de nombreuses pistes, sans parvenir à trouver sa voie.


Avec le recul, Manon reconnaît avoir surtout vu les aspects positifs de sa première reconversion, sans suffisamment anticiper les contraintes du métier et leur impact sur sa vie personnelle.

Pour autant, elle ne manque ni d’idées ni d’envies.

« J’avais plein d’idées en tête, plein de cordes à mon arc. Mais j’étais tellement partie à droite et à gauche. J’étais perdue. »

Nous reprenons ensemble son parcours, ses compétences, ses motivations et les pistes qu’elle a déjà envisagées.

Manon s’investit dans la démarche, même si elle doute parfois de son utilité. Elle a le sentiment d’avoir déjà effectué une grande partie de ces recherches par elle-même.

Et puis, après quelques semaines d’interruption entre deux séances, elle revient avec une décision.


Cette décision me surprend, compte tenu du chemin parcouru ensemble jusque-là. Je lui propose donc de prendre le temps de questionner ce projet, comme nous le faisons pour chaque piste professionnelle.

Pendant toute la séance, Manon défend son choix avec conviction. Elle semble déterminée.

Pourtant, peu après notre rendez-vous, elle m’écrit : pendant toute la séance, quelque chose « sonnait faux ». Elle réalise qu’elle cherchait surtout à se rassurer en revenant vers un métier connu, sans en avoir réellement envie.

Ce déclic, nous nous en souvenons toutes les deux, trois ans plus tard. Il marque un tournant dans son bilan et l’amène à reconsidérer certaines pistes qu’elle avait jusque-là écartées.


L’idée d’enseigner n’est pas nouvelle pour Manon. Pourtant, lorsqu’elle envisage le métier de professeure des écoles, elle l’écarte rapidement.

Elle a beaucoup de préjugés sur la profession, les conditions de travail et le quotidien des enseignants. Autant de représentations qui l’empêchent de considérer sérieusement cette possibilité.

Pendant le bilan, nous décidons de reprendre ses objections une à une, pour distinguer ce qu’elle sait réellement du métier de ce qu’elle imagine.

Manon mène plusieurs enquêtes auprès d’enseignants, dont certains qu’elle ne connaissait pas. Les témoignages sont variés et lui permettent de confronter ses idées à la réalité.

Certaines de ses craintes se dissipent. D’autres se confirment, mais les contraintes qui demeurent lui semblent finalement acceptables.

Cette fois, la situation est presque inversée. Alors qu’elle avait idéalisé sa première reconversion, Manon s’était surtout concentrée sur les difficultés de l’enseignement, au risque d’écarter un métier qui l’attirait pourtant.

Au fil de ses recherches, son intérêt pour l’enseignement se confirme. Mais après sa première reconversion, Manon souhaite cette fois expérimenter le métier avant de s’engager davantage, sans se mettre la pression de devoir absolument réussir.


À la fin de son bilan, Manon postule comme enseignante contractuelle.

Elle envisage de prendre le temps de se préparer avant de découvrir le métier. Mais les choses s’accélèrent : contactée presque immédiatement après sa candidature, elle se retrouve devant une classe bien plus tôt que prévu.

Les débuts sont exigeants. Sans véritable préparation, elle doit apprendre à gérer une classe, construire ses cours et trouver ses repères.

Elle peut heureusement compter sur des collègues qui la soutiennent et l’aident à progresser.

Surtout, elle aborde cette expérience différemment de sa première reconversion. Elle n’a pas besoin de se convaincre que ce métier sera forcément le bon. Elle est là pour le découvrir.

« Le fait d’expérimenter, ça a été la clé. Surtout sans pression. »

De la maternelle au CM1-CM2, Manon découvre progressivement ce qui lui plaît dans l’enseignement : le contact avec les enfants, la liberté pédagogique, la possibilité de construire ses séquences à sa manière et la solidarité entre collègues.

Elle qui appréhendait particulièrement les classes de CM1-CM2 en garde finalement l’un de ses meilleurs souvenirs professionnels.

Bien sûr, les contraintes sont réelles. La préparation des cours demande du temps et le travail déborde parfois sur les soirées ou les vacances.


Lorsque je demande à Manon ce que le bilan de compétences lui a apporté, elle évoque d’abord la confiance retrouvée.

Elle retient également le travail réalisé pour remettre de l’ordre dans ses nombreuses idées, faire le lien entre ses compétences et des métiers possibles, et prendre du recul sur ses premières impressions.

Elle se souvient aussi de ses doutes pendant le bilan, lorsqu’elle avait l’impression de refaire des recherches déjà menées ou de ne pas avancer.

Alors, quel conseil donnerait-elle à la Manon d’il y a trois ans ?

« Il faut faire confiance au processus du bilan de compétences, même quand on a l’impression d’avoir déjà fait toutes ces recherches ou de ne pas avancer. Et surtout, prendre le temps, sans vouloir aller trop vite vers quelque chose. »

Quel plaisir d’avoir retrouvé Manon et découvert la suite de son parcours ! Je lui souhaite une belle réussite pour son concours.


Découvrez comment le bilan de compétences peut vous aider à prendre du recul, explorer les possibilités et construire la suite.